La justice espagnole a lancé une nouvelle offensive contre l’entraîneur du Real Madrid, Carlo Ancelotti. Le procureur a requis jeudi une peine de quatre ans et neuf mois de prison à son encontre pour fraude fiscale, l’accusant d’avoir dissimulé plus d’un million d’euros au fisc espagnol lors de son premier passage à la tête du club (2013-2015).
Ce procès fait suite à une enquête ouverte en 2018 sur les pratiques fiscales de l’Italien. Les accusations se concentrent sur les revenus générés par la cession des droits à l’image d’Ancelotti, qui aurait utilisé un montage complexe de sociétés écrans et de trusts pour éviter de déclarer certains revenus. Selon le ministère public, ces omissions fiscales s’étendent à la période 2014-2015, année durant laquelle Ancelotti aurait perçu des montants de 1,24 million d’euros et 2,96 millions d’euros respectivement, en plus de son salaire.
Le procureur a affirmé que ces omissions n’étaient pas des erreurs, mais des actes délibérés de fraude.Le parquet a souligné que Carlo Ancelotti ne pouvait invoquer l’ignorance, un argument qu’il a pourtant utilisé pour se défendre. « Il n’a pas très bien compris ce qu’il signait », a réagi son avocat, plaidant la relaxe. L’avocat de l’entraîneur, Carlos Zabala, a dénoncé ce qu’il considère comme une « humiliation publique » infligée à son client. Selon la défense, le Real Madrid aurait initié le « désordre contractuel » en proposant à Ancelotti de recevoir une partie de son salaire sous forme de droits à l’image pour bénéficier d’une fiscalité plus avantageuse.
« M. Ancelotti n’avait pas bien compris ce qu’il signait », a affirmé l’avocat, expliquant que le montage avait été suggéré par le club. Ancelotti, qui a pris ses fonctions à nouveau au Real Madrid en 2021, a également réitéré sa position devant le tribunal. « Je ne me suis jamais rendu compte que quelque chose n’était pas correct avant 2018 », a-t-il déclaré, rappelant que de nombreux autres professionnels du football, y compris son prédécesseur José Mourinho, avaient mis en place des arrangements similaires pour percevoir leurs droits à l’image.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte où de nombreuses célébrités, principalement issues du monde du football, ont été confrontées à des poursuites fiscales en Espagne. José Mourinho, l’ex-entraîneur du Real Madrid, avait été condamné en 2019 à un an de prison avec sursis et une amende de près de 2 millions d’euros pour des faits similaires. Lionel Messi, Cristiano Ronaldo, et même la chanteuse Shakira, font partie des personnalités qui ont été jugées pour des infractions fiscales liées à l’exploitation de leurs droits à l’image.
Alors que le Real Madrid traverse une période de succès sous sa direction, avec un titre de champion d’Espagne et une victoire en Ligue des champions, l’entraîneur pourrait voir sa situation personnelle affectée par cette affaire. La décision du tribunal, attendue dans les semaines à venir, pourrait non seulement marquer la fin d’une ère pour l’entraîneur italien, mais aussi redéfinir la relation entre le sport et le fisc dans les années à venir.
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