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Après la rencontre Tshisekedi/Kagame à Doha : Un pas vers la paix, mais des réserves à Kinshasa

Pour la première fois en plus d’un an, les présidents congolais, Félix Tshisekedi, et rwandais, Paul Kagame, se sont rencontrés à Doha, le 18 mars, sous la médiation de l’émir du Qatar. Cette rencontre avait pour objectif de trouver une issue à la crise sécuritaire dans l’est de la République Démocratique du Congo (RDC). Mais à Kinshasa, cette entrevue peine à convaincre une partie de l’opposition congolaise.

Le sommet, organisé par l’émir Tamim ben Hamad al-Thani, a réuni les deux dirigeants pour réaffirmer leur engagement en faveur d’un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel dans l’est de la RDC. Cette déclaration intervient après plusieurs mois de tensions liées au soutien présumé du Rwanda aux rebelles du M23, un groupe armé opérant dans l’Est de la RDC. Les présidents Tshisekedi et Kagame ont convenu de soutenir l’accord de cessez-le-feu adopté lors d’un sommet africain le mois précédent.

Cependant, à Kinshasa, une partie de l’opposition s’interroge sur l’efficacité de ce genre de négociations. Pour Prince Epenge, porte-parole du mouvement Lamuka de Martin Fayulu, la rencontre a été une surprise. « Quelle garantie avons-nous que ces réunions au Qatar ne déboucheront pas sur une situation toujours aussi catastrophique ? », se demande-t-il. Pour lui, ce genre de sommet ne sert pas réellement la paix. Ferdinand Kambere, secrétaire permanent du parti de l’ex-président Joseph Kabila, abonde dans ce sens, estimant que « toutes les armées étrangères doivent quitter notre pays » et que « des discussions véritables doivent avoir lieu sur le terrain ».Si l’opposition congolaise reste sceptique, cette rencontre a été perçue comme un succès diplomatique pour le Qatar.

En réunissant Félix Tshisekedi et Paul Kagame, Doha a consolidé son rôle de médiateur dans la crise de la RDC, un processus qu’il soutient depuis plusieurs années. Benjamin Augé, chercheur associé au Centre Afrique subsaharienne de l’Institut français des relations internationales (Ifri), estime que cette initiative ne surprend pas. « Le Qatar est impliqué depuis longtemps dans la région et a déjà facilité des discussions entre les deux pays. Plusieurs réunions avaient déjà été envisagées en 2023, tant à Doha qu’à Paris, avant d’échouer », explique-t-il.

Le Qatar a su exploiter ses bonnes relations avec le Rwanda et la RDC pour parvenir à réunir les deux présidents. Selon Augé, cet événement marque un « coup diplomatique » pour l’émirat, tout en soulignant que les effets réels de ce cessez-le-feu restent à voir. La question clé est désormais de savoir si les engagements pris lors de ce sommet se traduiront concrètement sur le terrain, où la situation sécuritaire reste tendue.

Un cessez-le-feu en question

La situation dans l’est de la RDC continue de se détériorer malgré les engagements diplomatiques. Les violences liées au conflit entre les forces armées congolaises (FARDC) et les groupes rebelles, dont le M23 soutenu par le Rwanda, font des milliers de déplacés et aggravent la crise humanitaire. Bien que les deux présidents aient affirmé leur soutien à un cessez-le-feu, de nombreuses questions demeurent sur la mise en œuvre effective de cet accord.Alors que des discussions étaient prévues en Angola pour tenter de mettre fin au conflit, le dialogue à Doha semble avoir ouvert de nouvelles perspectives, mais l’opposition à Kinshasa reste dubitative sur les résultats tangibles de ces négociations.Les prochaines semaines seront déterminantes pour évaluer si ces efforts diplomatiques aboutiront à une véritable désescalade ou si la guerre continuera de faire des ravages dans la région.

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