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Propos sur Pétain : Éric Zemmour condamné à 10 000 euros d’amende pour contestation de crime contre l’humanité

Éric Zemmour, président du parti d’extrême droite Reconquête et ancien journaliste, a été condamné le 2 avril 2025, par la Cour d’appel de Paris à une amende de 10 000 euros pour contestation de crime contre l’humanité. Cette décision fait suite à des propos tenus par Zemmour en 2019, dans lesquels il affirmait que le maréchal Pétain avait « sauvé » des Juifs français durant la Seconde Guerre mondiale, minimisant ainsi le rôle de la collaboration du régime de Vichy avec les nazis.

L’affaire remonte à octobre 2019, lorsqu’Éric Zemmour, alors chroniqueur dans l’émission « Face à l’info » sur CNews, avait tenu ces propos controversés durant un débat avec le philosophe Bernard-Henri Lévy. Selon lui, Pétain aurait, selon Zemmour, agi pour « protéger » une partie des Juifs français, en dépit de sa responsabilité dans la déportation de milliers d’entre eux. Cette déclaration avait immédiatement suscité l’indignation et provoqué une série de procédures judiciaires.

Initialement, Zemmour avait été relaxé par le tribunal de Paris en 2021, et cette décision avait été confirmée en appel en 2022. Cependant, la Cour de cassation, saisie par plusieurs associations, a annulé cette relaxe en 2023, estimant que le procès n’avait pas été mené de manière adéquate. Ce renvoi devant la Cour d’appel de Paris a abouti à la condamnation du leader de Reconquête.Suite à sa condamnation, Éric Zemmour a publié un communiqué dans lequel il réitère son intention de faire appel de la décision en formant un pourvoi en cassation. « Je n’ai à aucun moment voulu défendre Pétain », a-t-il déclaré, soulignant qu’il n’était « pas un négationniste » et que ses propos avaient été « détournés » par ses détracteurs.

La question de savoir si ses déclarations relèvent de la révision de l’histoire ou d’une analyse historique continue de diviser l’opinion publique et politique en France. Les cinq associations parties civiles dans cette affaire, dont la LICRA (Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme), ont salué la décision de la Cour d’appel. Pour elles, ces propos de Zemmour constituaient une forme de « révisionnisme » historique visant à minimiser la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Ces associations ont d’ores et déjà annoncé qu’elles poursuivraient leur action juridique, insistant sur le fait que de tels propos ne pouvaient pas être tolérés, car ils remettraient en cause la mémoire collective et l’histoire du génocide juif.La Cour d’appel a également ordonné à Zemmour de verser un euro symbolique de dommages et intérêts à chaque association partie civile, ainsi qu’une somme de 1 200 euros pour couvrir leurs frais de justice.

Cette condamnation intervient dans un contexte où Éric Zemmour continue de jouer un rôle de leader dans l’extrême droite française, notamment à travers son mouvement Reconquête. Ses déclarations sur Pétain ne sont pas un incident isolé, puisqu’il a souvent été au centre de polémiques pour ses positions historiques et politiques. Ses prises de position sur la Seconde Guerre mondiale, l’occupation nazie, et l’histoire du Vichy ont alimenté de nombreux débats, mais aussi des tensions sur la manière dont la France doit se souvenir de son passé.

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