Du 31 mars au 4 avril, à Cotonou, un atelier de renforcement des capacités a réuni des chefs de juridictions et des procureurs pour une formation sur la transparence des pratiques en matière de saisie et confiscation pénale. Cette initiative a été lancée par le ministère de la Justice et de la Législation en collaboration avec l’Agence Nationale de Recouvrement des Avoirs Confisqués et Saisis (Anracs).
L’atelier vise à créer un vivier d’experts spécialisés dans la lutte contre la criminalité économique et financière, en particulier en matière de saisie et de confiscation des avoirs criminels. Cette démarche s’inscrit dans un cadre plus large visant à renforcer la transparence et l’efficacité des actions judiciaires dans ce domaine. Le directeur de cabinet du ministre de la Justice, Adamou Moussa, a ouvert les travaux, soulignant l’importance de cette formation pour renforcer l’intégration économique et financière des États. Florent Raynier Gnansomon, directeur de l’Anracs, a rappelé que la saisie et la confiscation des avoirs sont désormais des pratiques courantes dans les juridictions pénales, en particulier face à la montée de la criminalité économique à l’échelle mondiale.
Les États, soucieux de préserver l’ordre économique mondial, se sont engagés à lutter contre ce fléau en mettant en place des mesures législatives et institutionnelles adaptées. Le Bénin a pris des mesures importantes à cet égard, notamment la création d’organismes spécialisés et la révision des normes en vigueur. Sous la supervision de l’expert-formateur français Francis Mardonao, l’atelier permettra aux participants de comparer les pratiques en matière de saisie et de confiscation, en s’inspirant des meilleures pratiques internationales.
Le directeur de cabinet a insisté sur l’importance de cette formation continue, non seulement pour perfectionner les compétences des acteurs judiciaires, mais aussi pour améliorer la qualité de la justice. Il a souligné que la criminalité financière transnationale, ainsi que les infractions transfrontalières, ont un impact direct sur les économies des pays et menacent leur sécurité.Adamou Moussa a expliqué que la seule incarcération des criminels ne suffisait pas à dissuader les actes criminels, car ceux-ci pouvaient continuer à bénéficier de leurs biens acquis illégalement pendant leur emprisonnement.
C’est là que la saisie et la confiscation des biens deviennent essentielles. Ces mesures ne se contentent pas d’être punitives ; elles constituent un levier stratégique dans la lutte contre le crime économique.En privant les criminels de leurs biens acquis illégalement, la saisie et la confiscation des avoirs ont un effet dissuasif plus puissant que la seule incarcération. Elles empêchent les criminels de continuer leurs activités illicites en les privant des ressources nécessaires à leur fonctionnement.
En outre, les biens confisqués peuvent être réaffectés à des projets d’intérêt public, contribuant ainsi à renforcer la confiance des citoyens dans les institutions judiciaires et l’État de droit.
Laisser un commentaire