Ce dimanche 30 mars, la Corée du Sud est en proie à la pire série d’incendies de forêt de son histoire, ravageant près de 48 000 hectares dans le sud-est du pays et causant la mort d’au moins 30 personnes. Ces incendies dévastateurs, qui ont frappé des régions déjà éprouvées par une sécheresse extrême, sont les plus destructeurs jamais enregistrés en termes de surface et de bilan humain, selon les autorités sud-coréennes.
Depuis le week-end dernier, plus d’une dizaine de foyers ont été alimentés par des vents violents et des conditions sèches, propulsant les flammes à une vitesse fulgurante. Le ministère de l’Intérieur a confirmé qu’au moins 30 personnes avaient perdu la vie, la majorité d’entre elles étant âgées de 60 à 80 ans. Parmi les victimes figure également un pilote dont l’hélicoptère s’est écrasé alors qu’il combattait les flammes, ainsi que plusieurs pompiers et autres intervenants pris au piège des feux.
Les incendies ont eu un impact dévastateur sur les communautés locales, avec environ 37 000 personnes contraintes d’évacuer leurs habitations, dont de nombreux villages ont été partiellement ou totalement détruits. À Andong, une ville du sud-est du pays, des dizaines de familles se retrouvent hébergées dans des gymnases improvisés, fuyant les flammes qui menaçaient de les engloutir.
Cho Yeonja, une femme de 80 ans, raconte avoir échappé de justesse aux flammes alors qu’elle fuyaient avec des voisins. Outre la perte humaine et matérielle, les incendies ont également détruit plusieurs sites historiques importants, notamment le complexe du temple de Gounsa à Uiseong, dont la construction remonterait au VIIe siècle. Cette perte culturelle majeure souligne l’ampleur de la catastrophe. Les incendies ont été exacerbés par des conditions météorologiques particulièrement sévères.
La région touchée a été confrontée à des températures exceptionnellement élevées et une sécheresse persistante, avec des pluies bien inférieures à la moyenne ces derniers mois. L’année 2024 a en outre été la plus chaude jamais enregistrée en Corée du Sud, exacerbant les conditions propices aux incendies.La Corée du Sud a également souffert de vents violents, qui ont intensifié la propagation des feux, rendant les efforts des pompiers encore plus difficiles. Dans la nuit de jeudi à vendredi, des pluies sont tombées sur les zones sinistrées, contribuant à l’extinction de certains foyers de feu et offrant un répit aux pompiers. Cependant, les autorités ont averti que de nouveaux foyers d’incendie étaient toujours possibles en raison des conditions sèches persistantes.
L’empreinte du changement climatique
Les experts soulignent que ces incendies s’inscrivent dans une tendance de plus en plus fréquente liée au changement climatique. Selon Kimberley Simpson, spécialiste des solutions climatiques à l’université de Sheffield, les incendies en Corée du Sud présentent des similitudes frappantes avec ceux survenus en Californie en janvier 2025. Dans les deux cas, des conditions de chaleur extrême, une sécheresse prolongée et des vents violents ont facilité l’éclosion de ces incendies dévastateurs.
« Le changement climatique modifie les régimes de précipitations et entraîne une hausse des températures, créant des conditions idéales pour des incendies dévastateurs », a expliqué Simpson. Ce type de catastrophe est devenu une réalité de plus en plus fréquente à travers le monde, alimentée par des facteurs climatiques de plus en plus intenses.La police sud-coréenne mène une enquête sur l’origine des feux. Un homme de 56 ans, suspecté d’avoir provoqué l’incendie principal le 22 mars, est actuellement sous enquête. Cet individu serait responsable d’une étincelle accidentelle alors qu’il s’occupait de la tombe de ses grands-parents dans le district d’Uiseong, la zone la plus touchée par les incendies, avec plus de 12 800 hectares dévastés.
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