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Catastrophe en Birmanie et en Thaïlande : 1 600 morts et 3 400 blessés, l’aide humanitaire bloquée par des obstacles administratifs

Le vendredi 28 mars 2025, un tremblement de terre d’une magnitude de 7,7 a secoué le sud-est de l’Asie, frappant durement la Thaïlande et le Myanmar, avec une réplique de magnitude 6,4 survenue peu après. Les secousses ont causé la chute d’un gratte-ciel en construction à Bangkok et de graves destructions au Myanmar, où la situation reste tragique. En quelques heures, les bilans sont devenus catastrophiques, dépassant les 1 600 morts et 3 400 blessés, notamment dans la région de Mandalay, proche de l’épicentre du séisme.

La Birmanie, déjà fragilisée par des années de guerre civile et un régime militaire isolé, est aujourd’hui confrontée à une crise humanitaire d’une ampleur inédite. Le séisme a ravagé la région de Mandalay, une zone densément peuplée, avec des milliers de bâtiments effondrés et des infrastructures sanitaires gravement endommagées. Le gouvernement militaire birman a décrété l’état d’urgence dans six régions, et les efforts de secours sont rendus extrêmement difficiles par les destructions massives.

Le dernier bilan officiel indique plus de 1 600 morts et plus de 3 400 blessés, mais ces chiffres sont appelés à augmenter à mesure que les secouristes parviennent à accéder aux zones sinistrées. Les secours sont d’autant plus compliqués par la destruction des routes et des hôpitaux, rendant l’accès aux victimes particulièrement ardues. Face à cette catastrophe, la junte militaire birmanienne a lancé un appel inhabituel à l’aide internationale, appelant « tout pays et toute organisation » à apporter son soutien.

C’est un geste rare, car jusqu’ici, le gouvernement militaire était très réticent à accepter de l’aide extérieure. Cependant, les démarches administratives nécessaires à l’arrivée des secouristes étrangers ont rapidement révélé des obstacles majeurs. De nombreuses équipes de secouristes et ONG, venues d’Allemagne, des États-Unis, de France, de Russie et d’autres pays, attendent toujours d’obtenir les autorisations nécessaires pour entrer en Birmanie.

Le Groupe de secours catastrophe Français (GSCF), par exemple, est bloqué depuis plus de 24 heures, dans l’attente d’un feu vert des autorités birmanes. Thierry Velu, responsable de l’équipe, a exprimé ses frustrations : « Bien que l’aide internationale ait été demandée, nous n’avons pas eu les retours d’informations nécessaires. Nous n’avons même pas réussi à joindre les autorités. » Les problèmes administratifs, y compris les demandes de visas et les questions logistiques non résolues, ralentissent le déploiement des secours essentiels.

Des équipes médicales, des sauveteurs et du matériel crucial, tels que des équipements de recherche et des médicaments, sont en attente de ces autorisations. Les besoins en matériel de premiers secours, notamment des kits de traumatologie et des poches de sang, sont criants sur le terrain, mais l’acheminement reste un défi majeur.Les conditions de travail des secouristes sur place sont compliquées par des infrastructures détruites et des routes impraticables. La ville de Mandalay, déjà partiellement dévastée, est isolée du reste du pays, notamment en raison des dégâts subis par l’aéroport, désormais inutilisable. Les équipes de secours doivent maintenant parcourir plus de 700 kilomètres par la route pour atteindre les zones les plus touchées.

Des survivants dans une précarité absolue

La situation est d’autant plus critique que les hôpitaux de la région ont eux aussi été partiellement détruits. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a envoyé trois tonnes de fournitures médicales dans les villes de Mandalay et Naypyidaw, où des milliers de blessés sont pris en charge. Mais la pénurie de fournitures médicales reste un problème majeur. L’ONU a alerté sur la « grave pénurie » de matériel médical nécessaire pour traiter les blessés, notamment des anesthésiques et des médicaments essentiels. Les infrastructures sanitaires, déjà fragilisées par des années de conflit interne, sont désormais incapables de faire face à l’afflux massif de patients.

La tâche des secouristes est d’autant plus difficile qu’une partie importante de la population birmanienne a été laissée sans abri. Des milliers de personnes ont perdu leur maison dans les destructions, et des millions risquent d’être exposées à des conditions de vie insoutenables. La Croix-Rouge a évoqué une « course contre la montre » pour sauver les survivants coincés sous les décombres, mais la situation reste précaire.Marie Manrique, une responsable de la Croix-Rouge, a souligné la nécessité de penser déjà à la phase post-séisme, en particulier pour les millions de déplacés qui risquent de se retrouver dans des camps de fortune, sans nourriture, eau potable ni soins de santé. Le besoin en eau potable est particulièrement pressant, car de nombreuses sources d’eau ont été contaminées ou détruites.

Les efforts internationaux se multiplient pour tenter de soulager la population birmane. La Chine a envoyé une équipe de 82 sauveteurs et s’est engagée à fournir une aide humanitaire d’urgence de 13,8 millions de dollars. L’Inde a également affrété un avion de secours avec des fournitures médicales, tout comme la Corée du Sud et la Malaisie. Cependant, malgré ces efforts, les retards administratifs restent un obstacle majeur pour que l’aide parvienne aux sinistrés à temps.

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