La situation sécuritaire dans le nord du Bénin est un équilibre précaire entre maîtrise et imprévisibilité. Selon le Colonel Faïzou Gomina, Chef d’État-Major de la Garde nationale, bien que les forces armées béninoises aient réussi à garder le contrôle de la situation, la menace terroriste demeure présente.
Lors d’une interview sur la chaîne nationale, il a réagi à un récent rapport du Timbuktu Institute qui alerte sur la progression des groupes armés dans la région, exacerbée par des complicités locales et la précarité économique des jeunes. Si le Colonel reconnaît certaines validités dans ce rapport, il réfute cependant un tableau aussi alarmiste, en mettant en avant la capacité des forces béninoises à maintenir l’ordre.
Pilier central de la lutte contre le terrorisme, l’opération Mirador incarne la stratégie de défense et de développement déployée par l’armée béninoise. Le Colonel Gomina insiste sur le fait que cette initiative n’est pas simplement militaire, mais qu’elle repose sur une approche globale intégrant la sécurité et les actions civilo-militaires. L’objectif est de créer un environnement sécurisé permettant à la population locale de vivre et de se développer sans être sous la menace constante des groupes armés.L’opération Mirador s’est imposée comme une réponse proactive aux attaques terroristes, cherchant à sécuriser les zones sensibles du pays tout en minimisant l’impact sur les populations locales.
Dans des régions comme Tanguiéta et Matéri, souvent exposées aux incursions, la vie continue normalement : les écoles sont ouvertes, les marchés fonctionnent, et les habitants poursuivent leurs activités agricoles. Cette normalité retrouvée, bien que fragile, est un indicateur clair de la réussite partielle de l’opération. La clé de l’efficacité de l’opération réside dans l’adoption d’une approche multi-dimensionnelle qui combine surveillance, contrôle territorial, et coopération avec la population. Le Colonel Gomina souligne l’importance du renseignement, une ressource primordiale dans la lutte contre le terrorisme. Les forces armées béninoises ont renforcé leur présence sur des axes stratégiques comme la route inter-États n°7, un corridor vital pour les mouvements des groupes armés. Ce contrôle rigoureux de cette voie permet de couper les approvisionnements en carburant et autres ressources essentielles aux terroristes.
Cependant, le Colonel reconnaît que des complicités locales existent, bien que limitées à des individus isolés qui fournissent parfois des ressources aux groupes armés. Cette réalité, bien que problématique, ne semble pas empêcher les forces de défense d’agir avec efficacité. Elles ont établi un réseau étroit de coopération avec les communautés locales, permettant ainsi une circulation rapide de l’information sur les mouvements suspects.
vigilance permanente face à l’imprévisibilité
L’opération Mirador ne se limite pas à une seule logique militaire. Le Colonel Gomina met également en avant les actions civilo-militaires qui visent à renforcer les liens entre l’armée et la population tout en favorisant le développement local. Les forces armées organisent des campagnes de soins gratuits pour les habitants et leurs animaux, renforcent les infrastructures locales, et participent activement à la relance économique des régions affectées.
Ces actions, en plus de garantir la sécurité, permettent de rétablir une forme de normalité et de stabilité pour les populations. Les projets d’infrastructures, notamment dans les domaines de l’eau, de l’éducation, et de la santé, ont un impact direct sur les conditions de vie des habitants, contribuant ainsi à leur résilience face aux menaces extérieures.
Ce modèle intégrant sécurité et développement permet de construire une paix durable tout en renforçant la confiance entre l’armée et la population.Bien que la situation reste globalement sous contrôle, le Colonel Faïzou Gomina insiste sur la vigilance nécessaire face à l’imprévisibilité de la menace terroriste. Selon lui, les forces armées béninoises sont prêtes à répondre rapidement à toute nouvelle attaque ou tentative de destabilisation.
Les incursions terroristes, même rares, rappellent que la guerre contre le terrorisme est un combat de longue haleine, exigeant une surveillance constante et une adaptation continue des stratégies militaires.En réponse à la critique du Timbuktu Institute, qui alerte sur l’aggravation des conditions de vie des jeunes et leur recrutement par les groupes armés, le Colonel a précisé que la situation économique précaire reste une problématique, mais que l’armée se concentre sur des solutions durables, notamment par le biais des actions civilo-militaires et des projets de développement.
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