Une semaine après l’expulsion des dirigeants des trois sociétés chinoises – Soraz, CNPC et Wapco – opérant dans le secteur pétrolier au Niger, Niamey cherche à calmer la situation avec Pékin. Le ministre nigérien du Pétrole, Sahabi Oumarou, a pris la parole lors d’une conférence de presse le 19 mars pour expliquer les raisons de cette décision, tout en cherchant à éviter une rupture avec l’un des plus grands partenaires économiques du pays.
Le ministre a rappelé que cette mesure faisait partie d’une série de revendications visant à améliorer les conditions de travail et les accords contractuels des entreprises chinoises au Niger. Parmi les demandes figurent l’uniformisation des salaires entre les expatriés chinois et les employés locaux. Tandis que les expatriés perçoivent environ 8 600 dollars par mois, les travailleurs nigériens ne gagnent que 1 200 dollars, ce qui a suscité des frustrations au sein de la population et du gouvernement.
En outre, le Niger exige une « nigérisation » des effectifs dans les sociétés pétrolières et la révision des contrats qui lient l’État aux entreprises chinoises. Une autre requête concerne le remboursement de 80 milliards de F CFA d’arriérés d’impôts dus par la société Soraz.
Malgré la fermeté de ces revendications, Sahabi Oumarou a assuré que la junte militaire au pouvoir n’avait aucune intention de rompre définitivement avec la Chine. Il a souligné que Niamey était prêt à négocier pour trouver une solution amiable à la crise. Cette position vise à éviter une rupture avec Pékin, qui est un acteur clé dans l’économie nigérienne, notamment dans le secteur pétrolier, où les trois sociétés chinoises jouent un rôle central.
Le ministre a toutefois choisi de ne pas aborder certains sujets sensibles, comme la grave pénurie d’essence qui touche actuellement le pays, ni la dette de près de 300 milliards de F CFA que la société d’État Sonidep doit à la Soraz, qui est responsable du raffinage et de la distribution du carburant. Ces enjeux, bien que cruciaux, ne furent pas évoqués lors de la conférence de presse.
Face à la réaction de Pékin, qui n’a pas apprécié le traitement réservé à ses dirigeants expulsés, Niamey semble adopter une position pragmatique, cherchant à apaiser les tensions tout en réaffirmant ses revendications pour une gestion plus équitable du secteur pétrolier. Les autorités nigériennes espèrent ainsi maintenir des relations économiques solides avec la Chine, qui reste le premier investisseur étranger au Niger, tout en répondant aux attentes de la population locale concernant les bénéfices du pétrole.
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